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N°25 - Décembre 2014
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Témoignage de Sylvain Cariou, référent handicap pour les accueils de loisirs

Dans notre numéro de janvier, nous évoquions les actions que mènent la Caf pour faciliter l’intégration des enfants porteurs de handicap dans les structures d’accueil collectif. L’une d’entre elles consiste à cofinancer le poste de référent handicap, occupé par Sylvain Cariou, rattaché à la Fédération des Centres sociaux. Nous l’avons interrogé pour mieux connaître son rôle et sa manière de travailler avec les accueils de loisirs.

1- Que conseilleriez-vous à un responsable d’accueil de loisirs recevant un parent désireux d’inscrire son enfant handicapé ?

Je conseillerais au responsable d’inciter les parents d’enfants en situation de handicap à rencontrer les différents acteurs éducatifs qui connaissent leur enfant (institutrice, éducateur, psychomotricien….). Cet échange peut permettre d’avoir un avis, avec du recul, sur la pertinence éducative ou les éventuelles difficultés de ce projet. Cela permet également d’associer ces professionnels à la construction de l’accueil.

En tous les cas, même si parfois il est difficile d’aborder la question du handicap de son enfant, il apparaît essentiel de pouvoir en parler tranquillement et en toute transparence pour envisager un accueil de qualité.

2-Comment faciliter l’intégration de l’enfant dans la structure ?

L’élément primordial est la préparation et l’anticipation de la venue de l’enfant au centre. C’est essentiel pour des équipes d’animation non spécialisées dans le handicap de pouvoir préparer son arrivée en ayant connaissance de sa personnalité, de ses capacités, de ses limites et de ses centres d’intérêts. Cette anticipation permet aussi de procéder à des aménagements parfois nécessaires (locaux, rythme, animations, encadrement).

L’intégration sera d’autant plus facilitée si l’ensemble des acteurs éducatifs gravitant autour de l’enfant coopèrent pour ‘’construire’’ un accueil personnalisé.

Enfin, et c’est un besoin repéré, il faut accompagner les centres de loisirs dans la mise en œuvre concrète de l’accueil de la différence. C’est mon rôle. Je propose d’animer des modules de sensibilisation sur les notions de handicap auprès des équipes d’animation. Les représentations liées aux difficultés d’intégration des enfants en situation de handicap sont souvent celles des adultes. Les enfants mettent en place naturellement des stratégies d’intégration de la différence en développant l’entraide et une certaine bienveillance. Les enfants s’adaptent beaucoup plus vite que les structures.

3- Quel est votre rôle ? Comment travaillez-vous avec les centres de loisirs ?

J’assure un rôle de coordination entre les structures de loisirs non spécialisées, les structures d’éducation spécialisées et les familles. Le quotidien des enfants en situation de handicap se partage souvent entre la famille, l’école ordinaire ou spécialisée et maintenant les accueils de loisirs. Ces espaces éducatifs participent à l’éducation des enfants mais se rencontrent rarement. Mon rôle consiste à inciter ces acteurs à se rencontrer pour penser et élaborer ensemble un accueil innovant et personnalisé.

A partir de la demande initiale des parents, je propose de réunir les acteurs éducatifs connaissant l’enfant afin d’élaborer un protocole d’accueil partagé. On y apporte ainsi des informations précises sur son alimentation, l’hygiène, sa capacité de compréhension, son mode de communication, ses habitudes, ses centres d’intérêts, ses limites….

L’intérêt de cette démarche est de croiser les observations (de la maison, de l’école, de l’IME…). En effet, si le centre de loisirs est un mode de garde indéniable, c’est aussi un espace éducatif qui doit répondre aux besoins des enfants accueillis. Ainsi, cet accueil, moins protégé qu’en structure spécialisée, ne répond pas forcément aux besoins de certains enfants. C’est une organisation collective qui peut être angoissante ou peu adaptée pour des enfants nécessitant une prise en charge individuelle ou pouvant être fragilisés par les contraintes de la vie collective (espaces, bruits, rythme…).

Ce protocole d’accueil permet d’évaluer, avec les parents, la faisabilité de cet accueil et les aménagements éventuellement nécessaires (animateur supplémentaire, adaptation du rythme d’accueil, modification des espaces, adaptation des activités…). Ces aménagements sont ensuite définis avec l’équipe d’animation qui assure le séjour.

Enfin, au travers du projet que je coordonne, il y a la volonté d’impulser un changement de regard, notamment dès le plus jeune âge, sur l’acceptation de la différence. Et puis, souligner que la problématique du handicap est une question sociale qui doit concerner tout le monde en favorisant des réponses collectives qui associent les mamans, les papas, les frères et sœurs, les enseignants, les éducateurs, les animateurs, les acteurs politiques, les financeurs….bref, tous différents mais tous ensembles !


Source : referenthandicap@federation-csc86.org

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